vendredi 28 août 2009

vendredi 21 août 2009

Taberouet, c'est pas wonderful ça!

Tout commença par une belle journée d’ anniversaire, une troisième place arrachée au très relevé tournoi de basket de la chambre des commerces taiwanaises. 8 équipes, 6 taiwanaises, 1 philippine, 1 batarde répondant au joli nom d’Asian Tigers : c’est la mienne ! Mélange de canadiens, américains, taiwanais (un espion dont on fera bientôt sauté la couverture), vietnamiens, frenchies etc etc
Arrachée car il a bien fallu s’employer. Allez faire comprendre aux arbitres que certes il faut être gentil avec les taiwanais car ils risquent de pas être réembauchés pour le prochain tournoi, mais il faut savoir rester discret. Même discrétion d’ailleurs à employer pour cette jolie petite arbitre, petite amie d’un joueur de l’équipe philippine…..mais il paraît qu’on se fait des idées. Bref, après cette 3ème place et un après-midi relâche, quoi de mieux qu’un bon ciné en solo le jour de son anniversaire ? Quoi de mieux ??, et bien à peu près tout autre plan n’incluant pas ce relan pathétique ressenti lors d’un anniversaire en solitaire dans une pièce noire . Je fus sauvé par une rencontre impromptue dans la rue qui me valu un sympathique petit diner à la place en compagnie d’une partie de la crème saïgonaise, qui plus est dans mon resto préféré. Ca aurait pu être inoubliable si seulement je ne m’étais pas enfilé une pizza pour mon goûter de 18h.

Partant le Mardi matin, il était grand temps de ne pas encore préparer ma valise et d’attendre encore un poil. C’est tellement grisant de faire une valise en vitesse et de s’apercevoir, lors du survol de la Malaisie de l’oubli de son permis de conduire alors que l’on part….en road trip bien sûr

Mais avant de penser vacances, il serait de bon ton de fêter cet anniversaire dignement. Agé officiellement de 26 ans et officieusement de 34, je vais finir par m’autodater au carbone 14 histoire d’avoir une fois pour toute une réponse claire, nette et précise à mes rhumatismes persistants et cette calvitie arrivée au stade de la puberté.
Le rendez-vous est lancé au marché Ben Tanh, marché à touristes magnant à merveille les grandes tablées, les brochettes et les frites. Une belle 20aine de personnes sont là réunis, ou plutôt devrais-je dire sont là serrés sous une toile de tente de 2m2 non étanche. Ne pleure pas Vietnam, je reviendrai vite, sèche ta pluie et vite fait, il fait chaud là-dessus et le combo transpi pluie est pas des plus sexys.
Après avoir accompli notre œuvre de plus de 100 brochettes ingurgitées et presqu’autant de bières, vint le temps des cadeaux. Une superbe photographie de moi-même à en rendre fière ma môman et jaloux Patrick Timsit (que je considère depuis toujours comme un canon de beauté et de virilité masculine). Elle me permettra également de flatter mon ego lors des longues nuits d’hiver vietnamiennes où la neige empêchera toute excursion dans le monde civilisé…oups désolé j’étais déjà en mode Canada. S’en suit la magnifique offre d’une non moins magnifique valise, point d’orgue de mon plan pour faire mes bagages avant le grand saut le lendemain matin : je tiens donc à remercier ma mère de m’avoir fait naître le 26 et non le 28, sinon j’aurai été bien embêté.
ET ce n’est pas fini, à l’intérieur de cette valise se trouvait une collection de breuvage énergisant à en faire pâlir un représentant commercial. C’est ce même breuvage qui, à la longue, vous fait avoir des palpitations cardiaques et des tremblements du plus bel effet lors d’un rendez-vous professionnel.

Ainsi chargé, il était temps d’aller faire rugir un dance floor, un lundi soir, grande première, avec pour thème : paye ta semaine après être sorti dés le lundi, moi je m’en fous je suis en vacances demain.
Nous ne serons pas déçus, la foule était absente, les barmens baillaient mais un splendide happy birthday fit tout de même trembler les murs et nous valu une bouteille offerte par un pauvre bougre inconnu. Son offrande fut fêtée comme il se doit.
Il est venu le temps des au-revoir, c’est pas tout ça, j’ai une valise à finir et l’offrande commence à faire son œuvre. Il faudrait tout de même pas que je me retrouve avec 1 slip et 7 chaussettes pour 3 semaines (vous aurez noté le côté non pratique d’avoir un nombre impair de chaussettes).
Le départ est sonné, je m’apprête à combattre mes 40h de voyage sans sourciller. Enfin ça, c’était avant que Lufthansa m’offre mon cadeau également : un upgrade en business class pour la partie Singapour-Franckfort. Me fondant dans la masse, je sentis des pics me transpercer le dos lorsque mon chemin biffurqua de celui du commun des mortels : non, point de poulailler pendant 12h avec les genoux aux oreilles et, avec ma chance légendaire, de gamin geignards ou de chinois crachards ou d’indiens vénérant le côté culinaire de la doctrine des sumos ou de prêtres en bon et du forme.
Le choc, les yeux se fixèrent sur moi lors de mon entrée triomphale dans l’antre du bien être. Il faut dire que ma classe naturelle était quelque peu masquée par mon polo difforme, mon short au ras des fesses et mes baskets blanches gris clair. Afin de surmonter le trac, je m’empressai d’empoigner un verre qui se trouva rempli de champagne. Même pas le temps de déguster, il faut avoir vidé son verre avant le décollage..et hop cul sec.

Voici les quelques différences les plus notables que j’eusse remarqué durant cette période que je qualifierai d’étude sociologique poussée :
-l’entrée et le plat du diner business ne rentre pas dans un dé à coudre avec pour conséquence qu’il est impossible pour les hôtesses de tout faire rentrer sur un seul plateau
-les pâtes en business ne sont pas sèches, elles sont pleines d’huile
-en position couchée….ben déjà il y a une position couchée
-en position couchée, je ne vois pas ma voisine allemande au premier abord peu sympathique
-en business, les écouteurs marchent pour regarder des films et il y a des films
-en business, on dort et on se réveille au moment du survol de l’Ukraine, vous donnant une irrépressible envie de crier de joie. En economy, on dort et on se réveille au moment du survol de la banlieue de l’aéroport de départ, vous savez que ce sera long, très long
-en business, il y a des boutons de partout, cela peut vous occuper au moins la moitié du trajet
-en business, vous avez accès au lounge business arrivé à Franckfurt. Vous avez donc droit au distributeur de bonbons gratuits et aux sièges rembourrés sans les accoudoirs en métal
-en business, vous priez que ce sera Noël tous les jours et espérez que, pour la seconde partie du trajet, aura lieu un nouveau miracle
-en business, vous déchantez vite et vous vous résignez à retourner dans la cage à lapin
-en economy, vous n’avez aucune illusion, aucun rêve de grandeur, vous pliez les jambes et attendez. Je suis sûr que la patience tibétaine est tirée d’un sage ayant voyagé toute sa vie en classe eco
Mais au moins, en eco, vous êtes content d’arriver….

Place au passage de la douane. Bonjour madame. Ben dites donc qu’est-ce que vous faites comme métier pour voyager autant. La fatigue vous donne l’envie de faire de l’humour : trafiquant d’armes…vous vous abstenez, vous n’êtes pas en grande forme pour refaire direct le trajet inverse. Que venez-vous faire au Canada ? Je suis en vacances. Va falloir être plus précis. Je viens voir ma sœur et accessoirement passer quelques soirées dans des boîtes de striptease. Vous lui avez ramené des cadeaux ? Je ne suis pas si proche que ça des strip teaseuses, oups pardon ma sœur, non pas de cadeau.
Je sentis un regard accusateur….et dis donc machin je viens de faire 40h de voyage pour venir la voir, vous trouvez pas que ça vaut mieux qu’une boule à neige de l’hôtel de ville de Saigon ? Surtout que tout saïgonnais qui se respecte sait que ce ne sera possible d’avoir cet objet de collection que dans 3ans, date à laquelle le dérèglement climatique fera connaître son premier blizzard au Vietnam.

Récupération des bagages sans ombrage et plongeon dans le taxi. J’avais oublié le bonheur de la route la fenêtre ouverte sans avoir le pot d’échappement d’un camion vous faisant sournoisement comprendre que non, le moteur n’est pas bien réglé. J’avais oublié l’odeur de l’herbe, à Saigon, même l’herbe sent l’essence. Et enfin, j’avais oublié la note pour ces 45 minutes de plaisir routier, 20 fois plus cher qu’à la maison, paye tes graviers.
Arrivée à l’auberge, ambiance roots à la cool. Eh dis donc, j’ai voyagé la moitié du temps en business, t’aurais pu attendre au moins deux phrases avant de me tutoyer. J’ai droit à deux options : une à 30 dollars dans un petit appart de 8 personnes complètement vide avec salle de bain et une à 80 dollars dans une chambre privée et vide sans la salle de bain. Il m’a bien fallu 2 secondes pour réfléchir et encore je mets cela sur le compte de la fatigue.
J’en aurai presque oublié mes 40h dans les cieux et donc de l’odeur qui en découle. La douche est salvatrice et me remet un coup de fouet. De toute façon, en traversant la moitié du globe, on a du mal à remettre les pendules à l’heure et le cadran solaire perd la tête. Qu’à ne cela ne tienne, ne ressentant aucune lassitude de mes membres les plus importants, je me mets en route pour une petite balade en ville, sur des trottoirs avec des arbres et des terrasses : incroyable !!!! Point de mauvaise foi, tout ceci existe à Saigon, vous avez même droit à un surcroit d’aventures lorsqu’il vous prend l’envie de traverser une rue mais simplement l’âme n’est pas la même….Je ne suis donc pas plus dépaysé que ça, il fait chaud, les gens parlent pas ma langue, à quoi bon faire tous ces kilomètres ?
Premier élément de réponse : la pâtisserie qui n’a curieusement pas pris le chemin de la crème à outrance et des couleurs flashy pour attirer l’œil des motos les plus vives. Deuxième élément : le cinéma, un bon gros blockbuster avec des voix à l’accent……enfin à l’accent quoi, pendant un temps, je me suis demandé s’ils ne se servaient pas du même site de piratage que moi.Troisième élément : le burger omniprésent et omniscient, ce n’était que le début et naïf que je suis, je ne pensais pas que celui-ci s’inviterait dans mon assiette au moins tous les deux jours…adieu donc, mes 10kg envolés à la sueur de mon front, bras, main, jambes, dos, ventre, fesses, genoux et coudes. Compilez à cela quelques donuts bien sentis de chez Tim Hortons, toujours frais et vous sentez déjà vos jambes flagellées devant le surpoids que vous leur imposerez lors de votre retour à la dure réalité de la vie.

Ce n’est pas tout ça mais il s’agirait de s’équiper, un périple d’une semaine en terre gaspésienne m’attend et c’est plus ambiance tentes vs moustiques que lit douillet vs massage. Chaussures au pied, off l’anti moustique des héros à la ceinture vous êtes prêt à affronter les maragoins qui botteraient le cul en 2sec à leurs cousins viets : ils piquent à travers les jeans et ils n’ontpas peur de la clim’, ils passent l’hiver à -40°, ça conserve !

Paré, j’enfile le sac à dos et patatra, ça brûle. Dites moi pas que c’est pas vrai ! Moi élu plus beau bronzage de Saigon par moi-même , j’ai choppé des coups de soleil !
Impossible, 1 an pour rendre ce teint si hâlé et sexy et voilà qu’en un après-midi tout est fichu ! C’est à n’y comprendre, j’étais déjà en pull à 16h, il faisait 25°C donc il faisait froid. Reprenant mes esprits, je me dirige vers le lieu de rendez-vous en plein milieu du village gay de Montréal. La force de mon regard a empêché un mec en slip de me sauter sur les genoux pendant que je mangeais ma césar salade. Le fourgon arrive, nous sommes 7 et 2 ont pris de l’avance en stop. Le coffre ferme difficilement et c’est parti pour la première leçon de conduite d’une automatique. Ca n’a vraiment aucune saveur, c’est comme conduire un scooter, on ne sent rien, aucune adrénaline lors d’un rétrogradage, poignée dans l’angle, accélération pour passer dans le mètre qui sépare ce camion de ce bus. Enfin du moment qu’elle nous mène en Gaspésie, après 10h de route, on va pas se plaindre.

Le programme est chargé pour cette semaine, je suis entouré de jeunots de 19 à 22ans, en pleine fleur de l’âge de l’insouciance. Quoique, se faire engueuler par une demoiselle de 19 ans parce qu’on n’a pas mis sa ceinture vous ramène des années en arrière ou tout simplement la semaine d’avant lorsque vous faisiez votre tour habituel des fournisseurs des banlieues industrielles d’Ho Chi Minh : on prend vite de mauvaises habitudes.
Et là, le coup de poignard tomba. T’as quel âge ? 26ans. Oh ben ça va. Ce « oh ben ça va » hantera mes nuits pendant longtemps

Les randonnées s’enchainent à un gros rythme jusqu’à cette journée. On l’appelle la journée dans le milieu. 32kms, 3 monts, 1500m de dénivelé. Avez-vous déjà ressenti cette impression, à la fin d’une journée, que vous vous porteriez beaucoup mieux sans vos jambes ? Non ? Et bien je vous le conseille, on se fend vraiment la gueule, quelle joie de boiter et de tordre du cul pendant 5 jours.
Enfin en attendant, les petits jeunots étaient pas à la fête non plus et heureusement que bibi était là pour les réveiller à 7h30 du mat’ après une bonne cuite chez notre ami Yves. Et oui ça ne s’improvise pas une formation aux joutes nantaises et saïgonnaises et ça vous forge une endurance contre le sommeil de tout premier ordre.

Le beau temps est au rendez-vous, cela me permet de retravailler mon bronzage cycliste qui fera fureur sur les dance floors. Les paysages sont aussi au rendez-vous. Que ce soit sur terre ou sur mer, tout y est, du beau, du grandiose, du vertigineux. Un remake de la guerre du feu s’improvise lors de nos soirées barbecues. On aurait pu vaincre haut la main si seulement les canadiens n’avaient pas la merveilleuse idée de mettre la grille à 1m au-dessus des braises.
Même Rahan bouffait cru quand il était à court d’allume barbec chimique alors bon…..

La route défile, nous permettant de faire tout le tour de la péninsule, l’auto stop a ses hauts et ses bas et définitivement ses hauts lorsque les filles sont sur la route. Je ne m’y suis pas essayé, histoire d’éviter de froisser tout le monde. A la place, je m’essayais à l’automatique. Un vieil instinct shumacheresque me fit freiner du pied gauche plusieurs fois. Après que mes compères eurent manger deux fois avec le nez le siège devant eux, je me ravisais et adoptais une conduite plus souple dite à la papa.
Encore plus tranquille lorsqu’il s’agissait de monter et descendre des pentes à 17%, chargés comme des mulets ou comme on dit au Vietnam, comme des Honda Wave. 3 semaines après, les freins doivent toujours être chauds, en tout cas l’odeur d’œuf pourri cuit s’est incrusté dans les pores de cette belle ville de Percé. Tout ça pour aller dormir au camping d’une auberge ayant acceillie Mittérand himself. La légende veut qu’après son séjour, M. Mittérand eut appelé son homologue américain pour le forcer à accélérer le développement d’un appareil de guidage, appelé de nos jours GPS.


Après cette semaine de camping, cailloux dans le dos, lever 7h avec le soleil, me voici parti pour 15 jours de matelas mous. Vous ajoutez à cela les 6h que je viens de passer par terre à l’aéroport de Frankfurt et vous obtenez une courbe de dos rappelant bien des personnages blessés de la littérature française.
Mais rien ne viendra gâcher les retrouvailles avec ma sœur, the country specialist que le monde entier envie au Nouveau Brunswick et Denis, mon bof, the folk rocker fou. Au menu, sieste, pastis et tournée de groopies. Vous l’aurez compris, rien à envier au célèbre mais quelque peu dépassé mer, sexe et soleil (oui tout se traduit en province francophone).
Tout commença calmement avec un concept mis au point avec mon bof : je fais rien. Durant 2 jours, nous appliquâmes cet art de vivre et devant les moqueries silencieuses, je tiens à vous préciser qu’il faut être beaucoup plus fort mentalement pour ne rien faire et l’assumer que de courir et en pleurer.

Remis sur pied en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire, je vous préconise les Whippets. Une superbe petite friandise qui ravira petits et grands et que les grands auront tôt fait de ranger dans le placard du haut pour ne pas que les petits y touchent. De vagues projets de ponçage de barrière, d’élévation d’escalier furent un temps évoqué avant que l’huilage de la balançoire du square voisin ne soit déclaré seule action d’utilité publique imaginable sous ce beau soleil monctonien. Depuis les habitants de ce joli quartier vivent en paix et en harmonie avec les sirènes de la police.
Belle image pittoresque que voila pour décrire cette bourgade de Moncton. Reflets pour amateurs car le lendemain de mon arrivée, cette ville doublait sa population pour accueillir le plus gros show d’ACDC lors de sa tournée triomphale américaine. Résigné à l’idée d’attendre 8 heures sans bouger ni pisser avant de pouvoir faire vivre le rock’n’roll qui est en moi, je me rabattais sur une soirée lecture, endormissement, lecture et endormissement.

La rivière chocolat, la baie de Fundy et l’île du prince Edouard n’étaient que des moments de préservation mis au point par mes deux hôtes avant d’affronter l’ogre acadien. Méconnu du grand public, l’acadien n’a rien à envier à personne. Descendant de bretons et charentais principalement, il était déjà mal parti dans la vie pour qu’on dise de lui qu’il a bon caractère. Ne le confondez pas avec un québécois, il saura vous le faire payer. Ce serait comme de traiter un parisien de non parisien
Fier de ses origines et son pays, il eut aussi son lot de souffrance. On fera court sur la part historique de ce post mais les acadiens vécurent eux-aussi une déportation au 18ème siècle. Perpétrée par les anglais, elle avait pour but l’approvisionnement en esclaves des provinces du sud remplies de champ de coton. C’est exact, ils donnèrent un coup de main aux africains. Pas seulement au travail, ils eurent leur part de gloire inconnue dans la création du blues, mélange de rythme africain et complaintes acadiennes. Si aujourd’hui, le français reste présent en Louisiane, c’est grâce à ses cajuns déracinés de leurs terres.
Revenu discrètement sur leurs terres volées qu’ils mirent longtemps à façonner, ces défricheurs d’eau, comme on les nomme, gardent de cette époque une grande rancœur et un patriotisme exacerbé dont les anglophones restent une cible privilégiée. Ils n’ont pas de nation et sont dispersés aux 4 coins du monde, cela ne les empêche pas d’afficher fièrement leurs origines.

C’est dans cette ambiance quelque peu troublante que je passais 10 jours, au beau milieu du congrès mondial acadien qui a lieu tous les 5 ans.
250 ans après cette tragique histoire, les nouvelles générations n’ont toujours pas oublié et n’oublieront certainement pas tant que des excuses officielles ne seront pas présentées.
Si proche de part nos origines mais si différent de par notre histoire, il est difficile de comprendre ce qui anime ces défilés de drapeaux à la douzaine, ces discours parfois limites arguant les foules à se manifester. En prendre un extrait de 5 minutes et on pourrait penser se trouver dans un pays nationaliste à la limite de la dérive.
Mais là est la magie de l’Acadie, on se sent étouffé par cet environnement, on ne se sent pas à l’aise et par conséquent pas chez soi et pourtant on vous accueille les bras ouverts d’où que vous soyez.
Ce mélange des genres mérite que l’on s’y attarde, que l’on prenne le temps de comprendre, de se poser sur la galerie (terrasse devant la maison) et d’observer le monde s’écouler devant vous avec une bière bien fraîche dans la main, comme une terminaison indispensable au bras acadien.
10 jours après, vous êtes toujours troublé mais dés votre départ, la pression retombe et vous comprenez : comment en vouloir à un peuple montrant sa vitalité au monde par sa musique aux talents multiples et par un pétage de tympan d’une heure, appelé tintamarre, où tout et rien sont utilisés dans le seul but de faire le maximum de bruit.


Revenons à nos moutons pour la partie strass et paillette de ce récit. Le show du jour du bof nous amène à Tracadie, petite ville côtière. A notre arrivée, un chalet de stars nous ait réservé. On nous glisse à l’oreille qu’une personne illustre sera notre voisin durant cette nuit : Roch Voisine.
J’imagine les petits sourires en coin mais Roch au Canada, c’est un peu comme Johnny en France, on aime, on aime pas, on a toujours un petit moment d’excitation lorsque l’on apprend qu’il est notre voisin de chambrée dans le petit complexe des lauriers à Capbreton, les rails de coco en moins.
Petit show acoustique et intimiste, seule la caisse enregistreuse du bar tournant à quelques régimes viendra troubler la belle tenue de cette soirée.
Les émotions fatiguent et le sommeil se fait léger. Le lendemain matin restera gravé dans ma mémoire à tout jamais. Je suis, à l’heure actuelle, l’une des rares personnes encore vivantes à avoir vu Roch Voisine décoiffé au réveil.
Le mythe de la mise en pli n’est plus, Roch est un humain comme un autre ayant des problèmes capillaires comme les autres. Bien loin de son image de parfait gendre un peu lisse, c’est casquette de baseball vissé sur le crâne que je vins lui serrer la main ou plutôt qu’il faillit me broyer la main. C’est qu’il est costaud et grand le Roch, un peu le Steven Seagal de la chanson. De manière générale, les artistes canadiens sont tous costauds. Très surprenant pour nous autres français. En effet, nous savons tous d’avance le résultat qu’aurait un combat de bras de fer entre Goldman et Cabrel : pas de vainqueurs et deux évanouissements de fatigue en moins d’une minute.

Ce fut une belle mise en bouche avant mon séjour dans le gotha artistique acadien.
Nous nous élançons désormais sur les routes direction Caraquet,la ville hôte du congrès mondial acadien, appelé par les intimes CMA. Au programme deux shows pour le bof : un en solo et un en forme de clou du spectacle en compagnie des plus grands pour un show télévisé de deux heures.
Juste un peu de temps pour aller admirer le bout du monde version acadienne, très joli mais , tout patriotisme mis à part, moins spectaculaire que le bout du monde breton (d’ailleurs je suis pas breton donc on peut pas me taxer de patriotisme). Reste que ce site est coché sur ma liste.

Le homard s’invite à la fête, ainsi que quelques burgers et on peut sentir la tension montée à l’approche de l’évènement. Entre crise, fou rire, crise et fou rire, la chaleur continue à faire son œuvre. La chance a voulu que nous dormions dans une cave. Le village affichant complet, nous nous retrouvons dans les appartements des propriétaires d’un gîte. Au menu pour moi le couloir ! A moi les endormissements tardifs au son des portes claquées par quelques têtes bourrées. A moi également les réveils précipités au son des pas des premiers clients levés au-dessus de ma tête. Dans le soucis de mieux surveiller les allers et venues des clients de leur gîte, les proprios en ont certainement oublié l’option isolation du parquet. Ou alors, tout attentif qu’ils sont, c’était pour être sûr de ne pas nous faire rater l’heure du petit dej’ et il faut avouer que cela aurait été dommage : crêpes du matin, fraises, framboises et autres bleuets frais, sirop d’érable : un must !

Petit saut dans le temps mais promis pas plus d’un jour, nous voici à l’heure du deuxième show du bof. Electrique cette fois et avec sa gang, ça a rocké dans les chaumières. Encore plus appréciable que cette performance était placée sous le signe de la clim’.

Le lendemain, c’est la grosse excitation, ma sœur me déguise aux couleurs locales. Il paraît que mon collier est magique. Il attire les filles qui se doivent de soulever leur T-shirt si elles veulent se procurer l’objet convoité : va falloir choisir sa cible !
Les stands sont de sortie, les saucisses défilent, la bière coule à flot. En attendant, l’inspecteur de l’hygiène alimentaire vient faire son travail et fait fermer une petite estafette juste au moment où j’allais commander mon hot dog au homard à la plus que jolie serveuse. Lui aura droit à un coup de cloche rapproché au moment opportun. Nous venons de toucher un point important de ce séjour : les filles mais que dis-je les beautés. Tout juste remis de mon choc devant une petite marchande de glace au charme confusant, voici que je tombe pour une petite marchande de hot dogs. Il faut dire aussi que la première nommée avait bon sur toute la ligne dés le début puisqu’exerçant le plus beau métier du monde.

Afin d’éviter tout risque de cosanguinité, je pourrai facilement convaincre une équipe saïgonnaise de venir s’essayer à la drague en milieu polaire. N’y voyez rien d’autre qu’une mission humanitaire à grande échelle visant à conserver le rayonnement mondial de ce beau peuple acadien. Et puis cela introduirait des nouveaux noms car à l’heure actuelle, ça ressemble plus au syndrôme Nguyen du Vietnam (pour les non initiés, vous ne trouverez pas un vietnamien n’ayant pas un Nguyen caché ou non dans son nom. Ce qui peut vous faire passer pour un devin magique. Un ami s’est essayé au « Je parie que tu t’appelles Nguyen », cela lui valu une heure complète de révérences et autres courbettes).

Mais je m’égare, il est grand temps pour le show, que l’on commence comme il se doit par un bon tintamarre. Le concept ne pourrait pas faire plus plaisir aux petits comme aux grands. Duran t1h entière, il s’agit de faire le plus de bruit possible et l’on parle bien de bruit. Tout instrument est le bienvenu surtout les plus tordus. Cela donne une marée humaine réussissant à couvrir le son des cloches de l’église ayant pour mission de donner le coup d’envoi du tintamarre. Attention au deuxième effet kiss cool, vous avez ensuite l’impression pendant toute la soirée qui suit de vivre dans une bulle auditive à l’écart de vos congénères.
Armé du badge VIP, nous entrons en backstage pour le grand show. Bien que ne faisant pas parti de la programmation, Roch fait son apparition. Intimidé par la foule se pressant autour de moi, il n’osa pas s’approcher pour me saluer. Eblouissant, je ne me rendis compte que 5 minutes plus tard que je me trouvais à proximité des poubelles et que c’était l’heure de la fin du repas….
Qu’à cela ne tienne, je continue ma ronde et observe ces stars au nom inconnu en France: Radio Radio, Fayo, Pascal Lejeune, il y a du talent à revendre en Acadie. Mais ma concentration faiblit, je ne peux m’arrêter d’y songer. Où peut-elle bien être ? Ca y est elle sur scène, je la remarque. Je remarque également la jolie choriste derrière elle : on n’est jamais trop prudent, toujours protégé ses arrières, jeune padawan.
Natasha est on stage comme on dit dans le jargon. Admiré plus qu’écouté auparavant à la télé, la voici en chair et en os devant moi. D’humeur taquine, enfin pas plus que d’habitude, je remarque instantanément que Natasha a des jambes disproportionnées, quel dommage. Quel dommage, quel dommage, mais non, à quoi bon chercher la perfection, mes yeux défilent, je la regarde chanter et l’écoute sourire : tout est embrouillé, je fonds.
Adieu jeune vendeuse de glace, adieu jeune vendeuse de hot dogs, à moi Natasha et toi aussi la jolie choriste ! Le show se termine sous les houra de 50000 personnes assorties de 50000 drapeaux, une ambiance festive, un bof au top, une estafette de hot dogs réouverte. La joie est là !

Au sortir de la zone VIP, je n’ai que d’yeux que pour croiser ceux de Natasha. La voici, j’eus à peine la satisfaction de serrer la main au lieutenant gouverneur de la province , un ami de la famille paraît-il, classe !
J’eus droit à mon petit regard, c’est bon je peux rentrer au Vietnam avec le sentiment du devoir accompli.

Les derniers jours de ce mois hors norme ne seront consacrés qu’au shopping à Montréal et surtout au trajet de retour qui durera 3 jours. RAS et Rideau !

dimanche 5 juillet 2009

Putain de voisins!

Putain de voisins !!!
En voilà une entame so shoking après 1 mois et demi d’absence. La violence des termes est en accord voire en deçà du ressenti. Vous vous souvenez peut-être des voisins très préoccupés par le contenu de nos placards. Ces mêmes voisins ont décidé du jour au lendemain de reconstruire leur maison. Tel un vrai chantier, tout fut organisé de main de maître : deux phases, démolition et reconstruction des pièces de vie puis démolition et reconstruction d’un bâtiment dont je me demande encore la réelle utilité, symbolisant l’entrée de la maison. Nous nous sommes posés beaucoup de question durant la phase 1, la principale étant : mais où donc cette joyeuse petite famille nombreuse dort-elle ?

Nous sommes actuellement dans la deuxième phase, c’est à dire la démolition et reconstruction du bâtiment à 4m de ma fenêtre. Vous vous doutez bien que le double vitrage ou les volets n’ont pas encore percés sur le marché porteur vietnamien. On peut quand même se poser des questions quant à l’acharnement dont ils font preuve pour m’empêcher de dormir. Passe encore le marteau à 7h en semaine mais pourquoi, au grand dieu pourquoi n’ont-ils pas intégré le concept du week-end et surtout de la traditionnelle grosse cuite du vendredi et samedi soir ? Cela vous inciterait même à boire plus afin de se rapprocher le plus près possible du coma salvateur et réparateur. Je vous entends déjà vous moquer de cette situation mais grand dieu oh grand dieu bis pourquoi, sur les 24h proposées d’une journée, ils s’échinent à tambouriner au marteau entre 7h et 8h pour ensuite procéder aux tâches silencieuses du planning de construction.

Et grand dieu oh grand dieu troisième partie pourquoi l’activité de ramassage des débris à la pelle ne pouvait avoir lieu à un autre moment que Mardi entre 1h et 4h du matin. Qui a donné également aux Vietnamiens cette envie de chanter les plus grands classiques locaux à capella et en fausses notes ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ????
Le jour n’est pas encore arrivé où mon intégration et la compréhension du monde qui m’entoure me fera préférer une bonne partie de badminton au lever du jour à un déhanché all night long sur les dance floors de la ville. En guise de bonne foi, le football dominical fut bien tenté mais après 20 minutes pathétiques, le dimanche a été décrété journée d’utilité publique à l’état larvaire ou encore susnommé JUPEL, décision prise autour d’un combo bière pizza des plus appréciables.
Les Vietnamiens ont tout un tas de solutions et autres potions magiques leur assurant une longévité sans trou de la sécu. Entre poudre de défense de tigre, sang de serpent, patte de chien ou autre peau de requin, la nature leur donne le meilleur d’elle-même.
En comparaison, et par patriotisme exacerbé, nous nous efforçons chaque jour qu’Ho Chi Minh fait de raccourcir notre espérance de vie avec je dois l’avouer un certain succès.

Mais revenons à cette satané intégration, il y a des hauts, il y a des bas, il y a des incompréhensions totales, des menaces, des pratiques douteuses, des rassemblements joyeux, des points communs, des différences , un beau florilège menant au constat consternant qu’une intégration totale n’est pas possible. Ce n’est pas pour autant que nous ne pouvons cohabiter dans la joie, l’amour, la bonne humeur et la fun attitude….la fête est en chacun de nous et c’est bien là le principal. Il n’y a de toute façon rien de mieux que la Zen attitude pour se sortir des situations des plus dantesques. Malgré tout, vous passez des caps et ma plus grande fierté à ce jour reste l’œil approbateur vietnamien lors d’un déplacement en motobike où j’étais assis à contre sens du courant en tenant une chaise de bébé.

Mais revenons à l’actualité, après des mois d’Avril et Mai consacrés à la découverte du Vietnam, avec comme clou du spectacle une petite escapade indonésienne dont voici un petit résumé en chiffres : 5 jours, 6 avions, 8 h de retard, 2 bateaux, 1 charrette à bœuf, 1 camionette, 1 nuit à Kuala Lumpur, 3 îles paradisiaques, 1 plage de surfeurs à Bali, 2 Mc Donalds, 1 coupure de courant, 2 bouteilles de plongée, 1 hamac, 1 grasse matinée, 4 Bintang, 1 bronzage de branleur, 0 téléphone, 0 ordinateur, 0 petit déjeuner…

Après ceci, les mois de Juin Juillet sont eux consacrés à la fête inconditionnelle dans cette belle ville d’Ho Chi Minh. Programme tout aussi fatigant qui seront suivis de 3 belles semaines de vacances chez nos voisins les canadiens avant un come back prometteur en Septembre pour deux belles semaines européennes.

Afin de symboliser cette période de sorties à outrance, voici une petite anecdote mettant en scène mon coloc et moi même :
-Hey Mister B, tu sais comment t’arrives à savoir que tu sors définitivement trop ?
-Non
-Et bien c’est simple, c’est quand tu te douches pour aller te coucher et que par reflexe tu te parfumes

Biz et à bientôt pour la découverte des lieux cultes de la nuit saigonaise

mercredi 20 mai 2009

Adhérez au parti

Il y a quelques mois de cela, je vous avais parlé de la fâcheuse habitude des milieux expatriés à vivre sur un nuage en ne se préoccupant de rien. La réalité nous rattrape et le gouvernement travaille sournoisement pour nous sortir les vers du nez. Craquerons-nous camarade ? IL faudra être fort devant les attaques incessantes de nos voisins. Sommes-nous toujours les bienvenues dans cette rue, que quelque temps auparavant j’idolâtrais ?

Commençons tout d’abord par mon nouveau super héros. Je l’appelle Sein Viet, l’homme qui réalisait les fantasmes de milliers d’âmes en peine, en manque de sensation forte. Une première attaque eut lieu lors de mes premiers jours dans la maison, ce qui coïncidait avec le premier jour, également, d’une colloc partie depuis sous d’autres cieux. Vous avez remarqué sans peine l’orthographe utilisé pour le mot Sein. Car oui bien loin de considérations religieuses, nous avons affaire à un petit obsédé s’amusant à jouer à touche nénés (ou autre jeu « Dis camion », « Camion », « Pouet Pouet »). La technique est maitrisée et la filature travaillée comme dans les plus grandes œuvres du 7ème art hollywoodien. Il est vrai que nous ne passons pas inaperçus dans le quartier mais la surveillance de la jeune européenne rentrant seule chez elle, tard le soir, montre un degré de manque assez inquiétant.
Manifestation unique jusqu’ici, il s’avère que nous avons peut être affaire à un serial toucheur puisque mon autre coloc vient d’avoir affaire à la même triste histoire. Est-ce un homme isolé, est-ce un gang ? Seule une enquête approfondie nous le dira. Jusqu’ici pas de touche kiki mais j’ai bien senti des regards plus qu’insistants. Avec un peu de chance, ils ont cru dans la nuit noire que j’avais une musculature digne de Chuck Norris au sommet de son art.

Autre histoire, autre coloc, mais dont les repercussions touchent tous les membres de la maisonnée. L’espion ne fut pas difficile à démasquer mais le résultat est qu’un inventaire de nos possessions est en train de circuler dans tout le quartier. La gourmandise nous a permis de démasquer le complot. Trahi par du chocolat, ça nous coutera toujours moins cher que trahi par une fan de TV écran plat, me direz-vous. Tout commence par Mr B dont je tairai le nom, sa sécurité étant en danger. Mr B rentre tranquillement à la maison mais le malheur de Mr B est qu’il parle Viet plutôt bien au bout de deux mois. Ce détail lui vaudra certainement un aller retour fissa dans la cuvette des toilettes, légèrement aidé par les autres membres de la maison. En comparaison, je suis un scandale vivant. Au bout de 9 mois, je ne sais toujours pas dire au taxi, tourne à gauche. Et donc depuis 6 mois (il m’a bien fallu 3 mois pour apprendre à tourner à droite), je tourne en rond….

Mais revenons à Mr B et ses talents qui lui valent d’être la coqueluche du voisinage. Il semblerait que la vieille qui squatte notre palier soit également fan, on le remarque vite aux yeux doux qu’elle lui fait, contraste saisissant car nous, elle nous fait la gueule. Nous savons aujourd’hui pourquoi, car dans un élan mal contrôlé, elle ne put s’empêcher de lui demander du chocolat. Interloqué Mr B lui répondra « Tu aimes le chocolat ? »…oui c’est vrai on sort toujours des phrases bateau quand on est interloqué. La voisine lui répondra goulument que oui mais elle se trahira avec la phrase suivante : je sais que tu en as plein.
Elle a vu juste puisque Mr B a un tiroir dédié spécialement à ces délicieuses friandises et il est l’unique personne à avoir ce style de vie (me direz-vous on n’a jamais vu des tiroirs se remplirent sans faire les courses….cqfd). L’enquête ne fut pas longue et nous en avons déduit que notre chère femme de ménage a vendu la mêche. Mais si ils sont au courant des chocolats, pourquoi ne le seraient-ils pas pour la nouvelle TV, les 5 laptops, ipods et autres objets technologiques valant légèrement plus qu’un snickers ayant mal voyagé. Rassurant tout ça…

En même temps, nous allons peut-être devoir déménager. Notre propriétaire a l’air en forme en ce moment et nous a proposé une petite augmentation de 25% de notre loyer pour la prochaine année. Affaire à suivre mais il se pourrait qu’elle finisse sa jeune vie dans le canal égout à deux pas de chez nous. Bien qu’aimant particulièrement étudié, qui plus est dans une fac du Texas, reconnue mondialement pour la qualité de ses formations, ses bottes et ceinturons ainsi que ses nachos incomparables, elle n’a pas l’air d’ouvrir souvent les journaux et le mot crise n’a pas l’air de faire partie de son vocabulaire, manque de bol on avait spécialement axé notre argumentation sur ce mot.

Juste histoire de causer car je trouve ce post inhabituellement court, en 1 mois j’aurai la chance d’aller Bali, Lombok et les îles perinthiennes. Allez faire un tour sur google et vous comprendrez mon désarroi.

Biz à tous

mercredi 6 mai 2009

BMT (Buon Ma Thuot)



Et on enchaine, après Hoi An, Ha Long Bay, Dalat, Nha Trang, c'est au tour de Buon Ma Thuot, un petit coin perdu dnt vous me direz des nouvelles!



















































500km et mal au cul

Si ce n’est pas le titre d’un best seller celui-là, je me fais missionnaire. Une épopée des temps modernes digne des plus grands aventuriers, de l’action, du rire, des larmes, de la tension, un cocktail détonnant nous plongeant sur les routes (ou pas, cela dépend de sa propre définition de la route) du Nord. A écouter les sudistes et citadins locaux d’HCMC, tous vous diront la même chose, le Nord c’est nul et moche. Tant mieux pour eux, ça fait moins de monde quand nous on y va !

Bref, prenez 10 jeunes pleins d’avenir, 6 tornado flambant le pas neuf, des sangles en veux en voilà et je dirai même à tirelarigo, des casques qu’on dirait qu’ils ont été moulés sur la tête de l’homme à la plus grosse tête du monde, des sacs pour la plupart trop gros, des idées de génie, de l’ambition et de l’enthousiasme, vous mélangez le tout et vous obtenez un banal week-end du 1er Mai au Vietnam.

A noter qu’au Vietnam, le 1er Mai se fête dignement, tellement dignement que la veille est fériée aussi pour préparer la fiesta . C’est pas nous qui allons nous en plaindre.
Après avoir longtemps hésiter sur la destination : Philippines, Sapa, Mars, l’Apocalypse Now, c’est finalement le Sud Ouest d’Hanoi qui a remporté le pompon. Une chose est sûre c’est que la déception n’était pas au rendez-vous.

Nous voici donc tous à l’aéroport prêt à embarquer avec la compagnie de l’année Jet Star, avec qui je cumule 10h de retard et un Ipod volé dans mon sac. Ils savent comment traiter convenablement le client. Devant nos plus terribles craintes, tout le personnel de bord a mis les petits plats dans les grands pour nous faire partir et arriver à l’heure. Une fois à destination, un petit hôtel du centre ville nous accueillera pour une brève voire très brève nuit pour certains. L’hésitation fut longue pour déterminer si les chambres sentaient l’humidité ou la pisse. Avenant, les motobikes sont louées à l’avance pour le lendemain. Enfin ça, après 1an ou 1 mois au Vietnam, c’est toujours ce que l’on croit. Il n’en est jamais rien et le lendemain, vous avez la délicate surprise que rien n’a été préparé. Mais nous sommes aussi dans un pays au miracle perpétuel où il est très facile de trouver 6 poubelles capables de vous emmener dans les coins les plus sombres. Après un petit-déjeuner frugal à base de milk shake de pancakes (pas compris le concept de la boisson à base de crêpe), et de café renversé sur la table, nous sanglons nos petits Tornados avec nos gros sacs d’explorateur et nous nous envolons vers la première station essence pour tout dessangler, histoire de donner à manger à la mécanique. Devant ce moment d’absence totale d’intelligence, nous nous ressaisissons et partons à la découverte de la route menant au Nord d’Hanoi. Mais là est le soucis, il était normalement prévu de découvrir la route du Sud Ouest. Quelle bonne idée cette crevaison au bout de 30km pour nous apercevoir que nous roulions à l’opposé de l’objectif fixé.
La rustine posée, on s’égard dans les chemins de terre afin de finalement trouver la bonne route et la jolie pluie fine qui l’accompagne. Risquant la noyade, nous optons pour la pause déjeuner ou une incompréhension totale survint, le genre d’incompréhension que vous ne comprenez pas vous-même. 2 assiettes de riz au poulet commandées et c’est bien 2 poulets entiers bouillis que l’on vous ramène, qui plus est sans riz !

La peau du ventre bien tendue, nous repartons direction les montagnes de Mai Chau. Des paysages magnifiques tout au long et au point culminant de notre parcours, après un travail de 150km, l’apothéose : un brouillard tellement épais qu’il était impossible de voir ses pieds.
Le combo brouillard, pluie, moustiques dans les yeux et camion est d’ailleurs recommandée à tout routard en manque de sensation forte.
Enfin à destination, l’idée d’un bon repas, d’une douche bien chaude et d’un bon petit lit germent dans nos têtes. Que ne ni, ce sera latte, douche froide et omelette au Club Med Roots du coin. Passé la première surprise et un petit moment de fragilité à quand même aller se renseigner au Resort 5 étoiles du coin (ils ont pas du apprécier la boue, l’hôtel était magiquement complet), on se fait un petit nid douillet. La pause pipi de 3h du mat’, vous savez celle où on se dit, je suis bien là tout seul, sera remplacé par la surprise de voir la petite tenancière debout en train de cuire du riz dans du bambou. Tout excité de me voir, elle commence à m’expliquer, ce devait être très intéressant si seulement cela n’avait pas été en vietnamien et avec la tête dans le cul….

Lendemain matin, on décolle pour Cuc Phuong avec les fautes d’orthographe. La magie de la motobike c’est la proximité que cela donne et les rencontres, toutes plus enrichissantes les unes que les autres, que l’on fait lorsqu’on l’enfourche. Mise à part le brouillard et la pluie, on rencontre Mme boue généralement accompagné du camion car une bonne boue sans camion, c’est un peu comme du pain sans fromage, il n’y a aucune saveur à l’éclaboussure . On y rencontre également des buffles plaçant la petite accélération qu’il faut pour traverser la route juste sur votre passage, le chien digne de Rantaplan également prêt à se suicider sous vos roues. Passons rapidement sur les moucherons dans les yeux, les moustiques dans les oreilles et les gros papillons dans les yeux, celui-là fait mal ! Sur cette route, vous aurez la chance de découvrir la piste d’essais des amortisseurs Speedy, Edgar Groupiron était un vrai rigolo à côté. Pour finir, vous rencontrez une jolie petite demoiselle : la poussière qui vous oblige à adopter un style de conduite certes peu conventionnel mais diablement efficace : la conduite plus communément appelée Gilbert Montagné style.

Après 130Km de route, vous êtes au milieu d’une belle forêt vierge tropicale. Il est vrai que rouler dedans juste après la tombée du soleil est assez flippant, il y a des bruits peu communs et des panneaux d’avertissement de danger peu communs également. Un petit hôtel aux chambres humides vous attend, c’est douche froide sur le palier encore ce soir !
Le lendemain matin, vous partez en treck avec un guide assermenté qui vous indiquera quelle est la meilleure façon de suivre le seul chemin pavé. Une étrange flore pousse un peu partout autour du chemin : canette de HaNoi beer, sac plastique, paquet de chips et de gâteaux, tout ce que le monde moderne fait de meilleur est jeté ici dans cette belle nature, ce n’est pas faute pourtant d’avoir mis des poubelles et des grosses pancartes vantant les mérites de l’écotourisme. Par chance on repart aux moment où des hordes de touristes à casquette arrive, prêt à acheter tout sur leur passage, y compris ces magnifiques aigles en bois, typique de l’usine chinoise qui les fabrique.

Nous mettons le cap cette fois-ci pour Ninh Binh autrement appelé Baie d’Halong terrestre. La première chose que nous voyons est la douche chaude et le gros matelas ! S’en suit une petite balade en barque rustique, nous traversons le dernier tunnel au milieu de ces pains de sucre et rizières, et là émerveillement une petite baie avec non pas une, non pas deux mais une dizaine de barque vendeuse de boissons et bonbons en tout genre. Bien sûr ils savent vous faire culpabiliser et vous faire acheter des boissons pour le rameur. Rameur qui doit pas être très fatigué lorsqu’il transporte des étrangers, la règle étant pas plus de 2 étrangers par barque mais no limit pour les viets dont l’avant du bateau est à deux doigts de se la jouer sous marin.
Une fois l’enchantement bien présent, le rameur d’une délicate attention ouvre une boîte métallique dans laquelle se trouve des tissus en tout genre à acheter. Vous refusez, et lui vous fait bien comprendre que Ok il accepte mais par contre faudra veiller à pas oublier le pourboire ! Le billet de 100000Dgs que je lui destinais s’est subtilement transformé en 20000Dgs à l’écoute de ces délicates paroles.
Arrive le soir et vous vous rappelez que la fête n’a pas été au rendez-vous et vous vous laissez convaincre par un petit karaoké. Il ne paye pas de mine, une petite salle seulement, on demande à voir le programme et 4 petites mains viets sortent de derrière la porte pour nous tirer à l’intérieur. 10 messieurs sont là, bière chaude à la main en train de chanter des chansons d’amour. La télécommande change de main et c’est parti pour un petit Daddy Cool des familles qui va les retourner dans leurs slips. Les T shirts volent, la sueur apparaît , non moins à cause de l’excitation due à la chanson qu’à l’absence de clim’. Un petit viet chaud bouillant essaie de nous faire basculer dans le côté obscur, un petit coup de coude sur un enchainement techno lui fera comprendre l’histoire. Le hic c’est que c’était mon dernier T-shirt du week-end et que là en 45 minutes de speed karaoké, tout le programme d’habillement est ruiné et disons le sans ambages, mon polo pue le mort, ça sera chouette le lendemain sur la moto (je serai heureusement sauvé de l’asphyxie pour un de mes compagnons de fortune). Une belle nuit s’annonce non sans avoir inventé un autre concept, le mikado cure dent, suivi le lendemain du mikado baguette, celui-ci ne remportera malheureusement pas le succès escompté.
Lendemain ultra rapide retour sur Hanoi, déjeuner au seul restaurant belge qui existe en dehors de la Belgique (enfin un gratin dauphinois, c’est pas non plus super wallon), une petite ballade autour du lac et hop Jet Star nous rouvre ses bras à l’heure pour rentrer à la casba des images pleins la tête et le cul tout brûlant.

vendredi 27 mars 2009

Pour les sceptiques: Dalat du rêve à la réalité

Rien à voir celle-là mais il fallait quand même que je vous présente le Mickey vietnamien










jeudi 26 mars 2009

Dalat en 2 Actes

Comme je vous vois venir avec vos grands chevaux et comme je vous comprends. Après tout je suis très mal placé pour brimer votre instinct de chanteur alors allons-y tous ensemble : « Dalat, ton univers impitoyable…… ». Impitoyable je ne sais pas, mais en tout cas, ça vaut le détour. Pas de méprise, le casting est déjà fait et c’est sans surprises mais avec une énorme fierté que le rôle de JR m’est revenu. J’ai toujours rêvé de porter des santiags, un gros ceinturon et vivre au Texas au milieu de mes amis les Républicains. Après tout paraît-il que l’on apprend dans l’adversité, pour le coup y’a de quoi finir prix Nobel !

Bref Dalat en 2 acts, un ne suffisait pas et surtout il a été somptueusement tronqué par le truchement d’un paquet de biscuits avariés….mais n’allons pas trop vite en besogne.

Dalat Act 1
Vendredi Matin comme beaucoup d’autres, une envie pressante se fait sentir, Ho Chi Minh m’étouffe et je ne me vois vraiment pas repasser un week-end à rien faire qu’à picoler et danser, si on peut appeler cela comme ça. Certains aiment aller au cinéma tout seul, c’est mon cas. Donc un petit week-end hors de mes bases ne devraient pas poser de problèmes, même si cela doit se faire entre mon sac à dos, mon Lonely Planet, mon Ipod et moi. Ils ont toujours été de très bonne compagnie.
Rendez-vous est pris à la gare routière à 23h. Installation parfaite tout au fond du bus (ce sont mes restes d’étudiants qui parlent) sur des sièges super inclinables un peu surélevés.
7h de route en perspective pour 300km, tout un programme. La traversée du centre ville suffit pour vous faire comprendre le pourquoi du comment.
Adieu motobike, bus, taxi, boum boum, la nature m’appelle et les montagnes m’interpellent. Encore faudrait-il ne pas mourir sur la route, ce n’est pas gagné. La concentration et le serrage de fesses sont de mises. Concentration pour prévoir chaque coup de volant, important si vous ne voulez pas imprimer votre tête sur la vitre. Serrage de fesses car il faut bien avouer que la conduite à gauche alors que le volant y est déjà, le tout en virage, c’est assez sportif.
Les kilomètres défilent, les lacets aussi, à quelques encablures d’Ho Chi Minh, on se retrouve au milieu de rien, on redécouvre les étoiles, l’odeur des Pins mélangé à l’essence, le froid naturel, les grosses couettes. Pour vous mettre en condition, ils prennent bien soin de mettre la clim’ à -10 dans le bus. C’est le premier test pour être sûr que vous n’avez pas oublié votre pull capuche à la maison.
Arrivée à Dalat à 5h du matin, d’autres mini bus prennent le relais et vous déposent à l’hôtel, dont le rideau de fer tiré vous souhaite la bienvenue. Il va falloir s’occuper le temps que la tenancière se réveille. Une petite balade matinale avec les premiers rayons de soleil devraient faire l’affaire. C’est le cas, les chiens errants m’accompagnent, les coqs grippés me saluent et je trace jusqu’à voir les premières serres de culture de cette région réputée pour son vin (réputé n’est, dans ce cas là, peut être pas le terme le plus adéquat à moins que ce soit le mot vin qui ne le soit pas), ses fruits et ses légumes.
Il est temps de revenir au Dreams hotel recommandé par tous les guides et ce n’est pas volé. La fatigue se fait sentir et le cou n’est toujours pas revenu de sa position à 90° prise dans le bus donc un encart sieste s’impose non sans un petit déjeuner digne des plus grands travellers dans les pires conditions : pancakes chocolat banane, chocolat chaud et jus d’orange.
Une fois remis sur pied, direction la gare pour prendre un petit train qui m’a l’air somme toute assez sympathique. 1h d’attente et toujours rien, quoi de plus normal me direz-vous pourquoi se bouger pour un seul clampin. Au moins je sais ce qu’il me reste à faire le lendemain. Solution de recours, direction le périphérique, trop tard, c’est l’heure des deux heures de sieste. Tant d’infortune vous fatiguerait n’importe qui, alors quitte à être fatigué, autant dormir sur un banc sous la pluie.
Le téléphérique s’envole enfin, m’emportant au-dessus des vallées et sommets alentours, au-dessus de grandes forêts de Pin, au-dessus de champ de chou à flanc de montagne, c’est beau, cela change des filles à flanc de trottoirs vous aggripant les bras.
Vu comme cela, on pourrait penser que le voyage a duré des heures alors que 10 petites minutes suffisent au bonheur et à l’entrée fracassante dans un complexe boudhiste en béton. L’authenticité n’est pas au rendez-vous, comme elle l’est rarement dans ce genre d’endroits en Asie. La vue sur le lac y est , au contraire, somptueuse. Un peu plus et on verrait David Crocket sortir de la forêt en sifflotant.
Prêt à sillonner quelques flancs de montagne, je suis vite arrêté par une première alerte ventrale. Etant équipé comme peut l’être un surfeur australien s’attaquant à l’Everest, un petit retour à l’hôtel s’impose. Bien m’en a pris puisque je resterai cloué au lit de 16 à 23h, sympa le week-end et je n’oublierai pas d’aller chaudement remercié la petite vendeuse et ses gateaux pourris. Et moi qui ne voulait pas m’arrêter dans un petit boui boui, ça m’apprendra.

Bref de nouveau la patate à 23h mais à 23h à Dalat, ce n’est pas les folies Bergères donc mon lit restera mon sanctuaire et TV5 ma berceuse du soir.
Lendemain réveil matinal, petit déjeuner gargantuesque pour se remettre d’aplomb et direction la gare de nouveau. Un symptôme a du touché les touristes de cette zone car impossible d’en voir un seul, le train reste à quai, le cheminot continue ses 5 jours de sieste. Allez hop, chaussé de mes triple scratchs, je décide de m’attaquer aux 21km qui me séparent des chutes du Tigre, et ce sans assistance et sans carte, point de détail assez problématique m’obligeant à longer la nationale et ses camions à la file indienne.
Les chiens me courent après, des gosses viennent partager un bout de route en prenant bien soin de me faire des queue de poisson des fois que je décidais de garder un bon rythme de marche. 4h plus tard, me voici devant cette chute d’eau perdue dans les montagnes, surplombée par un superbe tigre en béton et peint à la Veleda. Le combo coup de soleil à travers 4km de nuage, pluie fait son effet.

Ne reste plus qu’à tenter le bus pour rentrer. Avant cela, vous vous arrêtez dans une petite échoppe prendre quelques clémentines dont le gout vous laisse penser que ce ne doit pas être la saison. Problèmes de mathématiques ou prise de remords, la vendeuse m’amènera le reste de la monnaie 10 minutes plus tard.

Dalat Act 2
Si autant la première fois, tout avait été planifié du jour au lendemain, la seconde fois s’est faite dans de bien différentes conditions puisque faisant parti d’un plan de 4 week-ends sur 5 semaines où la simple vue d’un tour de Saigon m’aurait révulsée. Reste que ce week-end était peut être de trop. La banalisation n’est peut être pas le meilleur moyen de profiter de tout à 100%.
Reste quand même des bons souvenirs, des points communs (le cou à 90° dans le bus) et quelques franches parties de rigolade avec mes 3 compères du moment.
On ne refait pas un citadin et cette fois-ci, la motobike aura son instant de gloire durant ces deux jours. On passe d’un paysage du Pays Basque à celui de l’Ecosse en moins de 10 min, la moto vous fait découvrir les choses plus vite tout en vous les faisant ressentir. Aucune séparation avec les éléments, les senteurs sont là, la vue claire et dégagées également, ne reste plus qu’un moteur électrique et ce serait la perfection. On se perd sur des chemins de terre, passe devant une école où les enfants ressemblent étrangement à des Péruviens, certaines ethnies présentes au Vietnam peuvent véritablement marquer leur différence. Du poupin au troisième âge, tout le monde semble avoir le sourire. Eux comprennent notre prononciation du vietnamien plus qu’approximative. Chez eux, on tombe malade avec un paquet de biscuits mais on est requinqué par un bout de porc cuit au barbecue en bord de route dont on voit l’origine crue cernée par les mouches : le monde à l’envers. Ce même porc dévoré sur les bords d’un lac dont on imagine un monstre sortir avec pertes et fracas. Un calme plat, une lumière superbe, décidément les nuages ont du charme, beaucoup plus qu’un grand ciel bleu. Dalat devient tentaculaire quand vient la nuit et notre sens de désorientation est à son paroxysme. Une micro rue, qui mériterait son poème également, nous accueille pour la bière pré diner. Un drôle d’endroit pour voir des étrangers semblent dire les yeux aux alentours, une attraction de 20min pour le voisinage. Les enfants vous observent en vous lançant des Hello, ils poufferont de rire si vous leur répondez. Nous, nous restons impressionnés par la façon dont ils manipulent les baguettes dés leur plus jeune âge.

Il est temps pour une bonne douche, si seulement la compagnie des eaux n’en avait pas voulu autrement : l’éternel miracle vietnamien ou rien ne sert de tout prévoir. Le salon de massage nous ouvrira donc ses portes pour un bon hammam. C’est le même endroit qui m’avait accueilli la première fois et dont je m’étais juré de ne jamais y remettre les pieds. La proposition de fin de massage m’avait fait perdre tout le bénéfice de la relaxation. Habitué que j’étais de voir de jolies jeunes filles proposer ce genre de services, je ne m’étais pas méfier de cette dame, plus trop dans la fleur de l’âge : l’emploi des seniors à la vietnamienne.
Relaxé et surtout propre, un restaurant à la cuisine douteuse sera sauvée des critiques par sa musique live provenant des talents connus de Saigon de passage pour un week-end.

Le lendemain, une poussée de fièvre nous donne une envie de faire du sport. Dans ce cadre idyllique pas question de s’enfermer dans une salle aux engins de torture. La forêt, les cascades, les étangs seront notre terrain de jeu pour quelques heures avant de rentrer tout mounié à Ho Chi Minh Ville, capitale.
Les descentes en rappel s’enchainent, certaines jambes flagellent, des grands sourires, des visages livides, des grands cris plein de joie cachant surtout le soulagement de ne pas s’être éclaté le crâne contre la paroi, ou de ne pas avoir vu la corde lâcher comme dans les films de seconde zone de notre ami Sylvester. Mon petit Thomas Perrot m’a bien formé et j’ouvre la voie sous les conseils de deux super guides dont l’un ressemble étrangement au petit Tchang d’Indiana Jones. Cela se corse, comme dirait nos deux compères, c’est maintenant que ça va être fun. Plongeon de 9m, la chute dite de la machine à laver et les 20m de descente dans une grosse cascade bien glissante, le tout entrecoupé de passage casse cul qui nous vaudra quelques bleus.
Bref une journée au top, en pleine nature, à ne penser à rien.

Un retour sans encombres dans nos pénates, avec un chauffeur visiblement fatigué et dont le volume sonore de la radio semblait être la seule façon de le maintenir éveillé.

lundi 16 mars 2009

Ha Long Bay Ha Long Bay Ha Long Bay



Chose promise chose due, les photos de mon dernier week-end sur la baie d'Ha Long. J'étais sensé me reposer le week-end prochian et vous écrire un pâté mais finalement je vais à Dalat donc ce sera encore des photos




















Ambiance....

Ambiance....