vendredi 28 novembre 2008

Ainsi Pho Pho Pho les petites marionnettes

Ouh la la mais quelle entrée en matière fracassante avec ce titre au-delà de toute espérance. Devant mon manque d’inspiration du dimanche, je me suis dit qu’il n’y avait rien de mieux que de prendre sur ses heures de boulot pour vous faire découvrir un peu plus mon chez moi. Je ne m’attarderai pas trop car mon boss vient de m’annoncer qu’il arrivait pour me botter les fesses. En même temps,s’ il part maintenant il arrive dans deux jours donc j’ai le temps de mourir en jouant à cache cache. Et en plus, je le sème trop facile en motobike.

Mes dernières nouveautés de motobike : j’ai trouvé les pleins phares, très pratique pour éblouir les cons qui arrivent à contre sens mais cela reste tout de même à vos risques et périls. Oui un motobike a une béquille centrale et non on ne peut pas l’enlever par la force du pied ni même celle de la pensée. Oui les trottoirs sont un très bon moyen de doubler 120 motos en l’espace de 20m. Non les feux de circulation et les lignes blanches ne servent à rien. Oui c’est marrant de conduire sous la pluie derrière des camions, vous avez des chances de ressembler à Fifi bras d’acier en période de crise voir à un pare choc de voiture après 5h d’autoroute et 2h de chemin de terre après une belle averse d’été. C’est également un bon moyen de savoir si vos pompes sont water proofs et apparemment elles le sont pas. Je l’ai appris lorsque j’ai du m’arrêter à un feu rouge et que j’ai mis le pied dans un lac que je pensais être petite flaque.

Comment va également le Habana ? Très bien ma foi, nos tests de bataille de glaçons et de pulvérisation des clients au canard WC se sont montrés concluant et il est temps de passer à la prochaine étape.

Mais revenons au titre car c’est bien là le principal. Qu’est-ce qu’un Pho ? Un Pho est une soupe dont je m’évertue encore à chercher le concept. Manger une soupe quand il fait 40 degrés, non là je vois pas.
Prenez un bol de gargantua, mettez y de l’eau marron accompagnée de poulet ou de bœuf ou les 2 pour les fous qui voient les protéines comme une nouvelle drogue à la mode. Ajoutez à cela du soja et quelques feuilles aromatiques, le tout assaisonné de longues nouilles de riz. Viens maintenant le temps de la customisation, un peu comme Jacky avec sa nouvelle Opel Vectra ou son ancienne Pigeot 605 avec le sigle Ferrari. AU choix, vous avez du citron vert que vous pourrez recycler pour votre mojito après. Vous avez également du soja et pleins de feuilles différentes avec des goûts plus ou moins prononcés et surtout plus ou moins bons. A noter, malheureux, que l’on ne met pas les mêmes feuilles lorsque c’est du bœuf ou du poulet. Comment on fait alors quand on a les deux me direz-vous ? Bougez pas, je reviens, je vais demander.
Au tout, vous pouvez ajouter de la sauce de soja il me semble, en tout cas elle est marron et quelques piments pour les téméraires. Je vous préviens, j’ai déjà vu des vietnamiens s’étouffer avec les piments alors qu’ils en bouffent matin, 10h, 11h, midi, 15h, 17h et soir, 22h et minuit pour les plus fêtards.

Où peut-on trouver des Pho au Vietnam ? A peu près tous les 10m, très pratique pour choisir ….car oui bien que vous pensiez tous qu’un vietnamien ressemble à un chinois qui lui ressemble à un coréen, qui lui-même ressemble à un japonais qui ne serait pas loin du thai non plus, et bien figurez vous que derrière cette simplicité du plat, il y en a encore qui arrive à le rater et donc non tous les Phos ne se valent pas.

D’un point de vue calorique, ça doit être léger comme un vietnamien, chose très embêtante pour les expats jouant au badminton et à 2 doigts de s’évanouir après 4 coups de raquette. Et puis certains ont des métiers parmi nous et on n’a pas tous le temps de manger 10 fois par jour entre une sieste ou deux dans un hamac au bord de la route….quoique
Ici le Pho est un vrai partenaire minceur. Je vais peut-être bientôt m’y abonner. Mais j’hésite encore car j’ai déjà perdu 4kg en 3 semaines en mangeant des lasagnes, des pizzas et en buvant de la Tiger, reine de la bière sud asiatique. Peut-être que mon corps a finalement abdiqué et c’est fait une raison de ce régime hautement sain et sans graisses.
Me direz-vous, mais comment fait-il donc pour perdre tout ce poids. Plusieurs facteurs sont en jeu : je fais beaucoup de motobike, je transpire en étant immobile dans mon salon,je transpire en étant immobile dans ma chambre, je transpire quand je vais de la cuisine à la chambre, je transpire quand je vais de mon lit aux toilettes, il n’y a pourtant que 3m, je transpire en ouvrant le frigo et le plus fort je transpire en prenant une douche. Vous l’aurez compris, je ne transpire pas beaucoup. Et attention à l’instant éponge au badminton lorsqu’après 1h de jeu endiablé, le terrain est déclaré zone sinistrée. Chaque pas devient une aventure mais au moins on peut se croire à Roland Garros et faire des glissades à faire rougir Nadal. J’oubliais bien sûr, je transpire en mangeant ce qui me permet d’éliminer direct ce que j’ingurgite.

Bref dan stout ça, je suis à 2 doigts de revoir mon deuxième abdo en bas à gauche. Manque plus qu’à résoudre mon problème de chute de cheveux et j’aurai bientôt 20ans de nouveau.

Vous l’aurez compris, le Pho est une institution qui se mange dans des petites salles pas très propres, avec des ventilateurs à fond pouvant aisément faire s’envoler Pho Carlos,et il est bien souvent servi à la chaîne. Bref le fast food vietnamien par excellence. Comble du bonheur, lorsque vous choisissez du poulet, ils font en sorte de ne pas mettre les os. Cela peut paraître ridicule mais n’est-il pas aussi ridicule de manger avec des baguettes depuis des milliers d’années et de quand même garder les os ? Après on me dira ça prend du temps…certes mais c’est quand même plus pratique et moins sale (sale car dépiautez un os avec les dents, croyez moi c’est vraiment pas élégant). Vous me direz la dernière fois j’ai commandé un riz frit au poulet sans os, j’ai du payer 20% plus cher que les autres. Au ratio du prix de la main d’œuvre, je me demande si je me suis pas fait avoir ou alors le mec avait des doigts en or.
Sinon, hier soir, superbe programme : Accoustic, Habana (il paraît qu’on s’y fait à la longue, en même temps les serveuses c’est mes potes maintenant et j’arrive presque à leur faire remplir mon verre en entier. Car oui c’est une grande spécialité au Vietnam, ils ne remplissent pas les verres et quand vous vous plaignez, et bien ils rajoutent des glaçons pardi, pas folle la bête). A tester 3 Tequila Paf avant de reprendre la route et vous sentirez votre équilibre autrement. Ensuite porte de l’Apocalypse qui se fermait à notre arrivée et Go2 pour finir : un grand classique. Je m’attarderai plus longuement sur l’Accoustic un peu plus tard parce que pour l’instant, c’est the place to be.


Allez hop ce soir pour compenser mon Pho du midi, je vais me faire un couscous too fat.

Biz les amis

vendredi 14 novembre 2008

Retour aux souces indonésiennes

Devant la petite baisse d’inspiration de la semaine dernière, j’ai décidé de revenir sur un vieu concept qui avait beaucoup de succès en Indonésie, histoire de se refaire la cerise.
Le principe est simple, vous sortez, vous trouvez un bar, vous picolez, vous observez, vous dormez et le matin, en vous levant, vous rendez le tout à chaud : bienvenue à crazy night in HCMC !
Prenez un Vendredi banal avec une belle tête dans le cul. Vous vous mettez au travail tant bien que mal. Première bonne nouvelle, la journée s’annonce calme donc pour compenser je vais faire une petite sieste. 2 justifications à ce moment de faiblesse : le poids de l’âge qui fait que je suis prévoyant, ce serait dommage d’être trop précoce ce soir et votre nouveau matelas Dunlopillow.
Retour au boulot et maintenant mes pensées sont accaparées par les taxes des douanes vietnamiennes distribuées au petit bonheur la chance et à la tête du client (il paraitrait que les douaniers vietnamiens ont fait un stage de formation en Indonésie, ils leur ont appris toutes les ficelles du métier) ainsi que le bar qui aura la chance de nous accueillir ce soir. Une seule condition, un endroit où je ne suis jamais allé. Je feuillette mon nouveau livre guide pratique d’HCMC, découvre que je vais enfin pouvoir aller jouer au basket ici et trouve le Habana. Le mystère du b m’accaparera toute une partie de la soirée. J’en ai déduit que le patron devait être cubain, enfin jusqu’à ce qu’il me fasse gouter son mojito et que je devinasse l’imposture

Pendant que je me pouponne avant de partir, j’alerte une large population, histoire de ne pas me retrouver tout seul et m’attarde sur une carte de la ville qui m’apprendra que la rue où je vais est trop petite pour y être notée. Casque sur les oreilles (oui il est un peu grand), enfourchement de motobike, je négocie parfaitement le premier virage qui m’avait valu quelques frayeurs la semaine dernière du fait de sa haute technicité. Première, seconde, troisième, quatrième et c’est parti pour un slalom que même Alberto Tomba n’aurait pu imaginer dans ses rêves les plus fous. C’est également parti pour les tours et détours, désespéré, je demande à un banc de taximan. Facile me répondirent-ils tous en cœur, tu prends à droite et encore à droite et tu y es. Pendant que t’es l, t’aurais pas une Malboro et tu voudrais pas des filles par hasard ce soir, j’en connais des au top.
Pour info, une demi-heure après c’était en fait tout droit, à gauche et encore à gauche.

Bref me voici aux portes de la découverte. Premier coup d’œil, la déco est classique pour un soit-disant bar latino. Mais par contre mes oreilles sont doucement surprises : un chanteur aux dents en avant et à la voix grave est en train de revoir quelques grands classiques américains et ça balance grave. Comme prévu, je suis en avance et me retrouve donc tout seul. Connaissant ce genre de situation, j’ai appris à ne jamais me laisser abattre et à toujours commander un mojito pour se sentir à l’aise d’entrée. Mojito que je vous déconseille fortement car plein de sucre : c’est qu’il faut veiller à sa ligne dans ce monde de décadence.
Au choix préférez la Caïpirinha qui vous siéra très bien au palet.

Vous vous surprenez à vous évader car oui décidément ce chanteur est terrible. Vous l’observez, vous vous demandez si c’est dur de faire son coming out finalement. Et puis vous partez vous ballader à l’étage, dans l’arrière cour passant inlassablement les mêmes matchs de foot. A première vue, même si c’est encore calme, ça a tout du bar d’expats à une chose près : l’absence totale de prostituées. A vrai dire il n’y a pas un vietnamien dans l’assistance mise à part les serveuses et les barmen. Un peu échaudé, un jeune expat a même fait l’erreur de confondre les serveuses avec des filles de joie. Il a même insisté, belle erreur de jeunesse ou alors c’est un touriste à qui on a dit que c’était open dans toute la ville. Il est donc parti, fleur au fusil, avec son sac à dos pour apprendre la vie et vivre son rêve américain.
En temps normal, je ne serai pas rester plus de 5 min dan ce genre d’endroits mais l’argument du chanteur était trop fort et j’ai craqué. Je me suis mis donc à observer les gens. A y regarder de plus près, c’est vrai qu’on était plus proche de l’ambiance Club Med (vous savez cet endroit où les gens sont tellement déboussolés par le changement culturel qui les entoure qu’ils restent dans leur hotels, à siroter des cocktails au bord de la piscine mais qui seront devenus super copains avec Nguyen, leur serveur attitré. Promis Nguyen, quand tu viens en France, tu nous passes un coup de fil, ça nous fera plaisir de te revoir. Allez passe nous ton adresse, on t ‘enverra quelques polas de nos super vacances) que de l’ambiance vicieuse du Go2. Je m’attarde plus longtemps sur mon jeune chien fou américain. IL avait le même look que le blanc top la classe du clip d’Offsprings qui fait « give it to m baby ah ah, give it to me baby ah ah un dos tres …. », il avait l’air d’un brave type qui mange pas de pain mais qui a quand même les yeux qui sentent le cul à 10km. Malheureusement la technique du je tente mon va-tout avec tout le monde porte rarement ces fruits. Pour le consoler, une de ses amies en mini jupe lui offrira le plaisir de lui dévoiler son intimité lors de son montage de l’escalier en collimaçon. Tellement dévouée cette jeune fille qu’elle en a fait profiter tout le monde.

Je décroche de mon personnage principal, toujours bercé par la musique. Cela fait 1h que je suis dans ce bar seul et je me rends compte que la faune locale est toujours aussi blanche mais chose bizarre pas du tout du même côté de la quarantaine que moi. Alors c’est ça, on me donne 30 ans donc il faut que je m’habitue et commence à revoir mon cercle de connaissances. Malheureusement mon entrée dans ce cercle fermé est raté, je n’avais tout simplement pas la bonne tenue vestimentaire : fleurs, carreaux et petits pointillés sont de rigueur avec le traditionnel pantalon aux aisselles. Autant vous dire qu’avec mon fute avec le cul aux genoux, je faisais tâche.

Mon Dieu, catastrophe, un malotru a arraché la guitare du chanteur et commence à chanter russe. Assez couillu le mec de faire ça au milieu de ricains et d’australiens prenant leurs pieds sur du Brian Adams comme dans leur jeunesse. Ah mais en plus il chante mal, voire très mal, apparemment il est pas allé suffisamment à l’école pour apprendre qu’un micro augmentait le volume sonore et non le contraire. Résultat une agression des l’ouïe que je me demande encore comment je vais faire pour assurer le Tome 4. J’observe le regard glacial des yankees qui sont à 2 doigts de reprendre l’avion pour l’Allemagne pour reconstruire le mur. Ils auront tout le temps dans l’avion de penser à des innovations technologiques comme une isolation phonique décuplée pour ne plus avoir à subir cela. Qui a dit que la géopolitique était compliquée ? vous aurez tout compris en 1h au Habana. Notre pauvre chanteur cosaque s’arrête sous la menace de 100 yeux en forme de M16 et PopViet reprend ces droits et nous rebercent de sa voix mélodieuse.

Arrive le moment fatidique de l’arrivée du gros con qui a décidé de se garer n’importe où sous prétexte qu’il fait 2m et la petite Viet du parking 1,50 et 32kg tout mouillé. Il est très certainement rassuré dans sa puissance d’expats par son tatouage de tête de mort sur le bras et sa moustache qui aurait pâlir la crème de la crème du dictateur.

Me sentant l’âme d’un justicier, j’étais à 2 doigts de monter sur une table, histoire d’être à hauteur de ses petits yeux de fouines, et lui dire ses 8 vérités mais ça a été le moment choisi par mes potes (enfin potes je sais pas si ils le resteront longtemps avec leur 2 h de retard) pour faire leur entrée.

La soirée dévie, l’arrière cour nous acceuille. Epris d’un vent de liberté, un gros joint est roulé. Le grand bénéficiaire terminera allongé sur les bancs en pierre à négocier avec les patrons pour passer la nuit ici pour 10 dollars.
Moi je décide de retourner voir mon chanteur et de me caler sous la clim’ à -10. J’en arrive donc aux conclusions de cette soirée : « Merde Mec pourquoi tu chantes dans ce trou »

Rideau, fin de soirée, petit riz dans une rue des quartiers chics au prix du homard dans les quartiers chauds.

Retour virevoltant et dodo.

mardi 11 novembre 2008

Le Vietnam en 5 sens: Tome 3

Cher tous,

je vous avais laissé avec le toucher et l'odorat, passons à la vue. Magnifique sens que celui-ci. Très dur également de choisir un thème particulier et de s'y tenir. Enfin vous me connaissez, même si j'en choisissais un, je serai incapable de m'y tenir.

C'est officiel, je fais désormais partie du cercle très fermé des motobikes. Cela a failli être une aventure de courte durée lorsque pas sûr de mon fait, j'acceptais de conduire ma coloc en ville après grosse journée prise de tête. Premier virage et catastrophe, je perds un peu l'équilibre, mon pied n'est plus sur le frein. Difficile de se redresser et donc attirer en arrière, cela avait tendance à accélérer plus fort vu que ma main restait collée sur la poignée. Vint un éclair de génie qui me foudroya: Et si je freinais avec le frein avant (comme pour un vélo, c'est d'ailleurs ce qui a du guider mon choix inconsciemment, tout occupé que j'étais à maudire mon boss même dans cette position inconfortable). Erreur grave mais qui me permit d'éviter le premier poteau tout de même et de monter sur le trottoir, ce n'est qu'en voyant le mur droit devant moi que ma main a décidé de relâcher son étreinte. Comme vous pouvez l'imaginer, et bien j'étais mort de rire ainsi que mes motobikes habituels témoins de la scène: ils vont me le faire payer longtemps je sens!
Pour résumé, la vue sert beaucoup à rire ici. Vous vous amusez de cet américain de LA vous chantant à 4h du mat', une chanson soit disant française et vous rêvez de devenir sourd. Vous vous amusez de tout. Vous vous amusez de ce moment de chaos généralisé qu'est la sortie des bureaux et où le piéton n'a plus le droit de vivre. Il serait moins dangereux pour lui de marcher à contre sens sur l'A6 un jour de pointe.
Vous vous amusez de vous également et imaginez le tête que vous devez avoir lorsque vous vous rendez au badminton après 6 mois sans sport et 4 ans sans vrai sport. Vous rigolez moins 2h après par contre. Vous vous amusez du kitsch ambiant qui n'a rien à envier aux chinois et indonésiens. Et surtout, vous admirez les sourires ambiants. Certes, le vietnamien est plutôt fainéant et branleur mais qu'est-ce qu'il sourit et il a bien raison. Edenté, blanc éclatant, blanc éclaté, jaune, noir, vide, gencivaire, il y en a pour tout les goûts.
Le secret est-il là? Faut-il faire une sieste entre 12h30 et 14h sur un hamac au bord de la route pour être si content de ne pas avoir grand chose. On en prend de la graine et le virus vous prend. Vous plaignez vos collègues bloqués en Autriche et qui vous harcèle de mails.

Mais attention, comme tout sens, il est fragile. Voila une chose que vous découvrez quand vous enfourchez votre propre motobike et partez à la conquête du monde....arrêtée 200m plus loin par un bouchon (comme quoi de grandes destinées sont certainement refoulées ici, Alexandre n'aurait certainement pas fait 12000 bornes dans ces conditions). C'est qu'avant, voyez-vous, même tout petit qu'il était, P'tit Viet vous protégeait de tous les soucis. Maintenant, vous avez la délicieuse sensation de recevoir des gravillons dans les yeux qui immanquablement vous feront pleurer et donc conduire à l'aveuglette. Les Vietnamiens ont l'air d'avoir des yeux d'acier, par contre ils ont pas l'air de leur servir à grand chose lorsqu'ils vous coupent la route. L'adage veut que si tu ne veux pas avoir d'accident à HCMC, il faut aller plus vite que lui.

Mais faisons un petit flash back sur cet accident. Evidemment je laissais le guidon à ma coloc direct derrière pour ne plus conduire pendant 4 jours. Après ce moment de réflexion passé à regarder How I met your mother, je me décidais enfin et commençait mes premiers slaloms, grillait mes premiers feux, roulait dans mes premiers contre sens, roulait bourré à 4h du mat', je me sens la réincarnation de la réincarnation dépravée de Oui-Oui sauf que ma mob pète pas des flammes.

Grande nouvelle, une fille m'a souris en boîte ;j'entends les mauvaises langues dire qu'il faisait noir et si ça se trouve ça ne m'était pas destiné, certes tout est possible; de toute façon j'étais grillé 2s après quand ma coloc m'a jeté de la bière du balcon

Bref je retourne me coucher dans mon nouveau matelas qu'il a trop la classe et surtout qui n'a pas une odeur d'urine de rat

Biz

lundi 3 novembre 2008

Pause photos Tome 1


175/60 Huynh Van Banh: the new place to be!!!
Vous trouverez en vrac, la fontaine, le parking intérieur à motobike, le salon, la terrasse, la vue, le spot parfait pour un suicidaire, un de mes colocs, ma rue et moi, et ce sera tout pour cette fois




















































Biz

dimanche 2 novembre 2008

Est-ce que ça ne ressemblerait pas à une tournée des grands ducs?

Ce Vendredi s'annonçait bien.
Après le week-end dernier à bosser sur la foire de Canton à me la jouer 007 de fête foraine. Après mon seul et unique coup de gueule en Chine avec cette conne de réceptionniste qui se prenait pour le premier rempart contre l'envahissement occidental en Chine. Après 20 repas professionnels à rien comprendre à ce qu'il se disait. Après 6 hôtels en 10 jours. Après avoir presque failli faire chialer ma collègue chinoise (je précise avec l'aide de mon boss) en lui faisant comprendre qu'elle avait subi le bourrage de crane traditionnel chinois, que les chinois avaient de forts relans racistes dans leurs discours (dû au bourrage de crâne), que oui il y a d'autres raisons que l'histoire pour expliquer que la Chine veuille garder le Tibet et le Xinjiang (province musulmane de Chine), que non on ne peut pas dire que la cuisine ouïgoure (toujours région musulmane) soit mauvaise sans l'avoir goûté et sous prétexte que les ouïgours sont tous des voleurs (pour les connaisseurs, cela se rapproche de la cuisine turque, bref une merveille pour les papilles).
Mais on l'a rassuré en lui disant que de l'Europe aux US en passant par partout, on est tous logés à la même enseigne de la propagande et que non les chinois ne sont pas persécutés par le monde extérieur.

Bref après tout ça, il était temps pour moi de rentrer chez moi et retrouver mon matelas qui pue...Autant, j'avais eu le cafard en partant de Bruxelles, autant là, j'étais bien content de retrouver mes colocs et mes motobikes préférés. J'étais également ravi de trouver ce chauffeur de taxi qui au milieu du chemin entre l'aéroport et chez moi, alors que nos étions coincés dans un embouteillage et qu'il commençait à pleuvoir, m'annonça fièrement: je m'arrête là, tu peux prendre un motobike! Mais oui tout de suite mon petit monsieur, laisse moi te donner ton argent et un gros pourboire, charger ma valise de 30kg sur mon dos et mettre mes deux sacs en bandoulière! Ah non apparemment il était sérieux! Ben écoute machin, tu vas vite te retourner et me conduire chez moi! Mais il insiste l'avorton, ça en devient presque indécent. Il continuait à insister même quand je lui disais: Ok mais je te paye pas ducon. Bref il m'a amené chez moi mais aujourd'hui encore, il doit se demander pourquoi j'ai refusé son offre alléchante.

Tout ça pour dire que je retrouve mes marques et que j'avais besoin de faire la fête. Ca tombe bien , mon fournisseur m'a prévu une petite fête pour mon retour Vendredi. Tout excité à l'idée de perdre quelques neurones et 3 ans d'espérance de vie en picolant de l'alcool de riz, je me préparais psychologiquement en ne mangeant pas de la journée: un vrai défi histoire d'être bourré aussi vite qu'eux. RDV est pris à 19h pour le début des hostilités. En attendant, je bosse à reculons et un coup de téléphone survient à 16h30 pour m'annoncer qu'il partait maintenant à la fête. Contre mon gré je refusais, voyez vous, je revenais juste de chez le coiffeur massage et donc avait quelques mails à envoyer pour rassurer l'Europe sur notre retard: "Oui oui on sera bien en retard". Il est décidé que je l'appellerai dés que je finis. Montre en main, 19h je me prépare, sort de chez moi, P'tit Viet a déjà mis le contact du motobike et impossible de joindre mon fournisseur. 1, 2, 5, 8 appels après toujours rien. Gros cas de conscience. Non le fait que mon pote soit bourré ou mort à 19h ne m'empêchera pas de faire la fête. 10 minutes après me voici dans mon bar espagnol préféré en train de siroter mon mojito et manger ma salade de chèvre chaud. Nouveau cas de conscience: je continue seul contre tous ou je rappelle mon fournisseur. Toujours rien, au passage j'envoie un texto à ma colloc pour protéger mes arrières. Miracle une réponse tandis que je me recommandais une bière et que le barman commençait à adopter un regard de pitié envers moi. Me voici pour la Halloween party, vais-je danser pour la première fois à HCMC?

Première étape, arrêt au domicile d'une française qui vend des soutiens gorges. J'apprends quelques coutumes locales:
-non ce taxi ou ce camion ne fête pas un mariage dans sa famille en mettant un bouquet de fleur sur son pare choc, il a tout simplement tué un piéton ou un motobike durant les 15 derniers jours.
-mais pourquoi toutes les expats ont un pansement au mollet. C'est le baiser de Saigon! Je n'ai toujours pas percer le mystère du pourquoi du comment on peut se bruler avec le pot d'échappement d'un motobike.

Deuxième étape, l'Accoustic, un bar live avec des vietnamiens qui chantent super bien le yaourt et des gin tonic très tonic. Expulsé 1h après la fermeture, nous faisons route vers l'Apo, mignon diminutif pour l'Apocalypse, tout un programme, un mélange de viets, de putes, d'expats, de rock, de gros américain qui a voulu envahir nos 20cm carré d'espace vital lors d'un pogo endiablé avec finish en levant les bras façon Maître du Monde. Le grand gourou n'a pas apprécié que je lui renifle ses aisselles: il avait qu'à pas être si grand! Moi, en voyant toute cette décadence en action, je commence à prendre confiance et me sentir pousser des ailles. Vu mon manque d'entrainement de 8 mois passé sur le canapé de mon frère, je suis à la recherche d'une proie facile: ah tiens elle vient de se faire rejeter par un mec, elle a un joli sourire, elle a l'air prête à tout, une française (non non pas de procès pour délit de faciès mais à 3h du mat' avec trop de bières dans le gosier, vaut mieux veiller sur ses arrières et pas tenter le diable), bref elle est parfaite et sa réponse m'a semblé rapidement négative: c'est confirmé, c'est une vraie tournée des grands ducs!!! Pour me venger, je vais voir le mec qui l'a remballé et obtiens son numéro sans forcer. Ahah il est pour moi le Antonio Banderas aux cheveux gominés. Cela reste une belle prise quand même car toutes les filles voulaient faire des choses sales avec lui.

Une nouvelle fois fermeture, et c'est parti pour le Go2, bar 100% expats et putes, le mélange explosif de vos fins de soirée. On a perdu des éléments en route mais la crême reste là: Antonio, ma coloc', mon mauvais coup du soir, et le mec qui depuis 25 ans est élu Homme le plus aigri de la terre par le Guiness book. Ca manque d'exotisme donc je pars à la recherche de représentants de contrées lointaines. Je m'arrête devant un habit traditionnel arabe porté par.........un américain bien sûr. Il a tôt fait de corriger mon inculture, c'est pas un habit traditionnel arabe voyons, c'est un habit de terroristes! C'est bon ça, ça vire dans le politiquement incorrect. Intrigué, je poursuis la conversation et le mythe stéréotypé se poursuit: Monsieur vient de Nashville et a voté Mc Cain. Histoire de renouer avec mes racines devant ce choc, j'ai aujourd'hui même acheter un bouquin de Karl Marx. Enfin, il faut pas trop en vouloir à un représentant de l'association "Elvis Forever".
Des connexions me manquent pour exprimer ma perplexité, le face à face est rude entre cette fillette de 10 ans au visage d'ange qui vend des chewing gums à 4h du mat' à ce genre de mecs. L'une est bien trop intelligente et connaît trop bien la vie pour son âge et il a été confié beaucoup trop de responsabilités qu'il ne peut en assumer à l'autre de 20 ans son ainé.


Le lendemain matin est douloureux, jus d'orange à l'aspirine et chocolat chaud au citrate de bétaïne au programme. Plus tard, on essaiera de me vendre un matelas en or à 1200 euro. Au moins il avait l'avantage de sentir bon. J'en ai proposé 100 euro et mon stylo de la foire de Canton. Je vous laisse imaginer dans quoi je me suis couché le soir même.

Biz à tous

Ambiance....

Ambiance....