Devant la petite baisse d’inspiration de la semaine dernière, j’ai décidé de revenir sur un vieu concept qui avait beaucoup de succès en Indonésie, histoire de se refaire la cerise.
Le principe est simple, vous sortez, vous trouvez un bar, vous picolez, vous observez, vous dormez et le matin, en vous levant, vous rendez le tout à chaud : bienvenue à crazy night in HCMC !
Prenez un Vendredi banal avec une belle tête dans le cul. Vous vous mettez au travail tant bien que mal. Première bonne nouvelle, la journée s’annonce calme donc pour compenser je vais faire une petite sieste. 2 justifications à ce moment de faiblesse : le poids de l’âge qui fait que je suis prévoyant, ce serait dommage d’être trop précoce ce soir et votre nouveau matelas Dunlopillow.
Retour au boulot et maintenant mes pensées sont accaparées par les taxes des douanes vietnamiennes distribuées au petit bonheur la chance et à la tête du client (il paraitrait que les douaniers vietnamiens ont fait un stage de formation en Indonésie, ils leur ont appris toutes les ficelles du métier) ainsi que le bar qui aura la chance de nous accueillir ce soir. Une seule condition, un endroit où je ne suis jamais allé. Je feuillette mon nouveau livre guide pratique d’HCMC, découvre que je vais enfin pouvoir aller jouer au basket ici et trouve le Habana. Le mystère du b m’accaparera toute une partie de la soirée. J’en ai déduit que le patron devait être cubain, enfin jusqu’à ce qu’il me fasse gouter son mojito et que je devinasse l’imposture
Pendant que je me pouponne avant de partir, j’alerte une large population, histoire de ne pas me retrouver tout seul et m’attarde sur une carte de la ville qui m’apprendra que la rue où je vais est trop petite pour y être notée. Casque sur les oreilles (oui il est un peu grand), enfourchement de motobike, je négocie parfaitement le premier virage qui m’avait valu quelques frayeurs la semaine dernière du fait de sa haute technicité. Première, seconde, troisième, quatrième et c’est parti pour un slalom que même Alberto Tomba n’aurait pu imaginer dans ses rêves les plus fous. C’est également parti pour les tours et détours, désespéré, je demande à un banc de taximan. Facile me répondirent-ils tous en cœur, tu prends à droite et encore à droite et tu y es. Pendant que t’es l, t’aurais pas une Malboro et tu voudrais pas des filles par hasard ce soir, j’en connais des au top.
Pour info, une demi-heure après c’était en fait tout droit, à gauche et encore à gauche.
Bref me voici aux portes de la découverte. Premier coup d’œil, la déco est classique pour un soit-disant bar latino. Mais par contre mes oreilles sont doucement surprises : un chanteur aux dents en avant et à la voix grave est en train de revoir quelques grands classiques américains et ça balance grave. Comme prévu, je suis en avance et me retrouve donc tout seul. Connaissant ce genre de situation, j’ai appris à ne jamais me laisser abattre et à toujours commander un mojito pour se sentir à l’aise d’entrée. Mojito que je vous déconseille fortement car plein de sucre : c’est qu’il faut veiller à sa ligne dans ce monde de décadence.
Au choix préférez la Caïpirinha qui vous siéra très bien au palet.
Vous vous surprenez à vous évader car oui décidément ce chanteur est terrible. Vous l’observez, vous vous demandez si c’est dur de faire son coming out finalement. Et puis vous partez vous ballader à l’étage, dans l’arrière cour passant inlassablement les mêmes matchs de foot. A première vue, même si c’est encore calme, ça a tout du bar d’expats à une chose près : l’absence totale de prostituées. A vrai dire il n’y a pas un vietnamien dans l’assistance mise à part les serveuses et les barmen. Un peu échaudé, un jeune expat a même fait l’erreur de confondre les serveuses avec des filles de joie. Il a même insisté, belle erreur de jeunesse ou alors c’est un touriste à qui on a dit que c’était open dans toute la ville. Il est donc parti, fleur au fusil, avec son sac à dos pour apprendre la vie et vivre son rêve américain.
En temps normal, je ne serai pas rester plus de 5 min dan ce genre d’endroits mais l’argument du chanteur était trop fort et j’ai craqué. Je me suis mis donc à observer les gens. A y regarder de plus près, c’est vrai qu’on était plus proche de l’ambiance Club Med (vous savez cet endroit où les gens sont tellement déboussolés par le changement culturel qui les entoure qu’ils restent dans leur hotels, à siroter des cocktails au bord de la piscine mais qui seront devenus super copains avec Nguyen, leur serveur attitré. Promis Nguyen, quand tu viens en France, tu nous passes un coup de fil, ça nous fera plaisir de te revoir. Allez passe nous ton adresse, on t ‘enverra quelques polas de nos super vacances) que de l’ambiance vicieuse du Go2. Je m’attarde plus longtemps sur mon jeune chien fou américain. IL avait le même look que le blanc top la classe du clip d’Offsprings qui fait « give it to m baby ah ah, give it to me baby ah ah un dos tres …. », il avait l’air d’un brave type qui mange pas de pain mais qui a quand même les yeux qui sentent le cul à 10km. Malheureusement la technique du je tente mon va-tout avec tout le monde porte rarement ces fruits. Pour le consoler, une de ses amies en mini jupe lui offrira le plaisir de lui dévoiler son intimité lors de son montage de l’escalier en collimaçon. Tellement dévouée cette jeune fille qu’elle en a fait profiter tout le monde.
Je décroche de mon personnage principal, toujours bercé par la musique. Cela fait 1h que je suis dans ce bar seul et je me rends compte que la faune locale est toujours aussi blanche mais chose bizarre pas du tout du même côté de la quarantaine que moi. Alors c’est ça, on me donne 30 ans donc il faut que je m’habitue et commence à revoir mon cercle de connaissances. Malheureusement mon entrée dans ce cercle fermé est raté, je n’avais tout simplement pas la bonne tenue vestimentaire : fleurs, carreaux et petits pointillés sont de rigueur avec le traditionnel pantalon aux aisselles. Autant vous dire qu’avec mon fute avec le cul aux genoux, je faisais tâche.
Mon Dieu, catastrophe, un malotru a arraché la guitare du chanteur et commence à chanter russe. Assez couillu le mec de faire ça au milieu de ricains et d’australiens prenant leurs pieds sur du Brian Adams comme dans leur jeunesse. Ah mais en plus il chante mal, voire très mal, apparemment il est pas allé suffisamment à l’école pour apprendre qu’un micro augmentait le volume sonore et non le contraire. Résultat une agression des l’ouïe que je me demande encore comment je vais faire pour assurer le Tome 4. J’observe le regard glacial des yankees qui sont à 2 doigts de reprendre l’avion pour l’Allemagne pour reconstruire le mur. Ils auront tout le temps dans l’avion de penser à des innovations technologiques comme une isolation phonique décuplée pour ne plus avoir à subir cela. Qui a dit que la géopolitique était compliquée ? vous aurez tout compris en 1h au Habana. Notre pauvre chanteur cosaque s’arrête sous la menace de 100 yeux en forme de M16 et PopViet reprend ces droits et nous rebercent de sa voix mélodieuse.
Arrive le moment fatidique de l’arrivée du gros con qui a décidé de se garer n’importe où sous prétexte qu’il fait 2m et la petite Viet du parking 1,50 et 32kg tout mouillé. Il est très certainement rassuré dans sa puissance d’expats par son tatouage de tête de mort sur le bras et sa moustache qui aurait pâlir la crème de la crème du dictateur.
Me sentant l’âme d’un justicier, j’étais à 2 doigts de monter sur une table, histoire d’être à hauteur de ses petits yeux de fouines, et lui dire ses 8 vérités mais ça a été le moment choisi par mes potes (enfin potes je sais pas si ils le resteront longtemps avec leur 2 h de retard) pour faire leur entrée.
La soirée dévie, l’arrière cour nous acceuille. Epris d’un vent de liberté, un gros joint est roulé. Le grand bénéficiaire terminera allongé sur les bancs en pierre à négocier avec les patrons pour passer la nuit ici pour 10 dollars.
Moi je décide de retourner voir mon chanteur et de me caler sous la clim’ à -10. J’en arrive donc aux conclusions de cette soirée : « Merde Mec pourquoi tu chantes dans ce trou »
Rideau, fin de soirée, petit riz dans une rue des quartiers chics au prix du homard dans les quartiers chauds.
Retour virevoltant et dodo.
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Ambiance....
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire